Près de 50.000 nouveaux cas de cancer, tous types confondus, apparaissent chaque année en Algérie, selon les données de l‘Institut national de la santé publique (INSP). 

Si le cancer colorectal est aussi répandu chez les hommes que les femmes, ces dernières sont particulièrement touchées par les problèmes liés au sein, à la thyroïde ou au col de l’utérus tandis que la gent masculine développe principalement des cancers du poumon, de la prostate, de la vessie et de l’appareil digestif, précise l’INSP.

Les auteurs du rapport expliquent le développement de ces maladies par des facteurs, communs à plusieurs pays dans le monde, tels que le changement de mode alimentaire (la nourriture industrielle), les problèmes d’environnement (la pollution), l’introduction de certains engrais dans  l’agriculture ou les raisons génétiques. 

Avec 14 000 cas, le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme algérienne. Il présente la particularité de toucher celles qui ont autour de la quarantaine contre une moyenne d’âge de 55 ans et plus pour les pays développés de la rive nord de la Méditerranée. 

Face à l’importance du phénomène, le ministère de la Santé a décidé de réactiver le Fonds national de lutte contre le cancer (FNCC) afin de doter les régions qui en souffrent d’équipements d’imagerie adaptés.

Le 4 février dernier, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, des spécialistes et des associations d’aide aux personnes atteintes de cancer avaient lancé un appel pour une amélioration de la prise en charge des patients en ce qui concerne la radiothérapie et la mise à disposition permanente de médicaments qui peuvent connaitre des ruptures de stock allant de trois à six mois, selon le chef de service d’oncologie au Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC) de l’hôpital Mustapha-Pacha d’Alger, Pr. Kamel Bouzidi.

De son coté, la présidente de l’Association d’aide aux cancéreux Al-Amel, Hamida Kettab, a reconnu que les patients attendent parfois six mois – en raison notamment des pannes d’équipements – avant d’obtenir un rendez-vous pour une radiothérapie, et qu’ils sont dans l’incapacité de réaliser 80 % des examens assurés par le secteur privé. 

S’agissant des ruptures constatées, la Directrice générale de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), Fatima Ouakti a expliqué que l’Etat consacre « 60 % du montant des achats de la pharmacie au cancer et aux maladies du sang » mais que la longueur des délais de livraisons était majoritairement imputable aux « dysfonctionnements auprès des fournisseurs de la pharmacie ».

Elle a par ailleurs rejeté la faute sur le changement par certaines sociétés mondiales « de leurs cadres juridiques ou du siège de leurs usines », et par « le manque de matière première auprès des fabricants des médicaments ». 

Mansouria Fodeili