Emmanuel MAcron

Emmanuel Macron tente de calmer le jeu dans les relations conflictuelles qui opposent actuellement la France à l’Algérie. Le Président de la république française a ainsi loué mardi sa bonne entente avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune et souhaité « un apaisement » alors qu’une crise diplomatique s’est ouverte entre Paris à Alger. 

« Mon souhait, c’est qu’il y ait un apaisement parce que je pense que c’est mieux de se parler, d’avancer », a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien accordé à la radio France Inter

Pour ce faire, il a appelé à « reconnaître toutes ces mémoires » de la guerre d’Algérie et leur « permettre de cohabiter ».

La crise entre l’Algérie et la France est née suite aux propos du chef de l’Etat français, jeudi dernier lors d’une réception à l’Elysée – et rapportés par le journal Le Monde -, qui avait expliqué que le système « politico-militaire » algérien entretient « une rente mémorielle » tout en servant à son peuple une histoire de l’Algérie indépendante qui « ne s’appuie pas sur des vérités ». 

« J’ai le plus grand respect pour le peuple algérien et j’entretiens des relations vraiment cordiales avec le président Tebboune », a rectifié au micro d’Inter le locataire de l’Elysée.

Et d’ajouter : « C’est quelqu’un en qui j’ai confiance ».

Cette réaffirmation de l’amitié portée à son homologue algérien fait écho aux déclarations tenues en novembre 2020 dans les colonnes de Jeune Afrique dans lesquelles, il avait affirmé: « J’ai un bon dialogue avec le président Tebboune mais je vois qu’il est pris dans un système qui est très dur ».

Premier président né après la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron s’est engagé à apaiser les mémoires et à rapprocher les peuples des deux la rive de la Méditerranée.

En mars dernier, il avait fait quelques gestes en soulevant la responsabilité de l’Etat français dans l’assassinat de l’avocat et dirigeant politique, Ali Boumendjel, et en déclassifiant les archives datant de plus de 50 ans. 

En septembre 2018, l’Elysée avait déjà reconnu l’implication de l’Etat français dans la disparition du militant communiste et anti-colonialiste, Maurice Audin – dont le corps n’a pas été retrouvé –, et qui avait été arrêté puis torturé, en 1957, par l’armée française.

Dans son entretien, le président Macron a également évoqué la polémique qui a fait suite à la publication du rapport Stora que l’historien lui a remis en janvier 2021. 

« J’ai été obligé de dire la vérité au président Tebboune. On en a parlé et c’est quelqu’un en qui j’ai confiance. Il a eu des mots amicaux et proportionnés…beaucoup de gens ont insulté, parfois menacé Benjamin Stora suite à ce rapport. On ne va pas faire comme si cela n’était rien », s’est-il indigné. 

Au micro de France Inter, le président français s’est en revanche gardé de revenir sur une autre phrase qu’il a prononcée jeudi dernier sur la supposée inexistence « de la Nation algérienne » avant l’occupation de l’Algérie de la France.

« La construction de l’Algérie comme Nation est un phénomène à regarder. Est-ce qu’il y avait une Nation algérienne avant la colonisation française ? Ça, c’est la question », s’était interrogé Emmanuel Macron.

Mansouria Fodeili