L’Assemblée nationale (AN) française a rejeté jeudi une proposition, portée par le groupe Les Républicains (LR), visant à remettre en cause l’accord migratoire de 1968 entre la France et l’Algérie qui octroie aux Algériens un régime spécial pour les titres de séjour. 

C’est au terme d’une débat houleux entre « descendants de l’OAS » et « amis du FLN et du Hamas » que l’Assemblée nationale a voté majoritairement en défaveur de la proposition du groupe LR (51 votes contre et 114 pour), qui a profité de sa niche parlementaire pour tenter de supprimer les accords, entre la France et l’Algérie, facilitant l’arrivée sur le sol français des ressortissants algériens (certificat de résidence de 10 ans, regroupement familial…).

« « Il est impensable de voter un texte défendu par une descendante de l’OAS et applaudi par les héritiers des tortionnaires de l’Algérie », s’est emportée la députée écologiste Sabrina Sebaihi.

En réponse, la députée LR, Michèle Tabarot, fille de Robert Tabarot, l’un des chefs de l’OAS à Oran, a rappelé sa fierté concernant son « histoire familiale » avant de rétorquer à sa collègue, dans une ambiance survoltée, qu’elle n’avait pas de « leçons à recevoir » de personnes amies « du FLN….et du Hamas ».  

Cette énième polémique dans la longue et tumultueuse relation entre Paris et Alger a surgi dans le débat public le 5 juin dernier, lorsque l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe (groupe Horizons), avait lancé sur la table, dans les colonnes du magazine l’Express, le sujet de l’accord franco-algérien de 68.

Initialement prévu pour favoriser une immigration économique et satisfaire aux besoins du patronat lors des trente glorieuses, l’ex-chef du gouvernement d’Emmanuel Macron, à l’instar de la droite française, avait jugé caduc ce régime spécifique. 

« Cinquante-cinq ans après, les conditions ont changé. Je pense que ce traité, il faut le réexaminer », avait indiqué de son coté le 7 juin dernier le Président du Sénat, Gérard Larcher (LR)

Le 26 juin, les sénateurs LR ont suivi les recommandations du troisième personnage de l’Etat en déposant une proposition de résolution, non examinée, sur le bureau du Sénat.

Alors que le projet de loi sur l’immigration est actuellement discuté à la chambre basse, le gouvernement par la voix d’Elisabeth Borne s’est dit favorable à une renégociation de l’accord.

« Le gouvernement s’oppose à la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968, et défend au contraire la nécessité de l’ajuster », avait fait savoir dans l’hémicycle, le ministre délégué au Commerce extérieur, Olivier Becht

Selon l’INSE, en 2021, 887 000 ressortissants algériens vivaient en France. 

Mansouria Fodeili