L’Algérie commémore ce jeudi 20 aout le 64ème anniversaire du congrès de la Soummam (du 13 au 20 aout 1956). Un événement majeur qui a posé le cadre de la révolution algérienne. 

Durant une semaine, le congrès a réuni dans le petit village d’Ifri Larbi Ben M’hidi (zone V, président du Congrès), Abane Ramdane (coordinateur d’Alger, secrétaire du Congrès), Youcef Zighoud, Si M’Hamed Bougara (zone II), Krim Belkacem (zone III), Amar Ouamrane (zone IV), Lakhdar Bentobal, Slimane Dehilès, Commandant Azzedine, Si Lakhdar, Ali Khodja et Ali Mellah (zone VI). Seuls manquaient à l’appel Mostefa Ben Boulaïd (zone 1), qui est mort au combat quelques mois plus tôt, et Ahmed Ben Bella, le représentant de la délégation de l’étranger. 

Cette réunion secrète des résistants algériens a été l’élément fédérateur et fondateur qui a structuré la révolution algérienne tant au niveau national qu’international. Sont ainsi nés sous son égide le Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) et le Comité de coordination et d’exécution (CEE).

Le CNRA était composé de 34 membres dont 17 titulaires et 17 suppléants. Il était l’organe dirigeant de la révolution et servait d’assemblée législative qui prenait les décisions d’ordre politique, militaire, économique et social.

« Le congrès de la Soummam nous a donné ce formidable sentiment que nous avions déjà un État », précisera quelques années plus tard Ali Lounici, officier de l’ALN à la wilaya IV.

Présidé par Larbi Ben M’hidi, assisté de Abane Ramdane en qualité de secrétaire général, les travaux du congrès ont permis de faire le bilan des 22 mois de la révolution en cours depuis le déclenchement de la lutte armée, le 1er novembre 1954.

Au niveau organisationnel, l’Algérie était divisée en six wilayas qui étaient subdivisées en zones qui comprenaient plusieurs régions lesquelles étaient sectorisées. Chaque wilaya était dirigée par un conseil de wilaya sous l’autorité d’un colonel, qui était assisté de trois adjoints. La zone était chapeautée par un capitaine qui avaient pour assistants trois lieutenants. La même organisation était appliquée au secteur dont le commandant était un adjudant auquel on adjoignait trois sergents chefs.

Sur le terrain, les combattant étaient organisés en unités de combat. La plus importante était la Katiba qui comptait 110 hommes. Elle se divisait en Ferka (section) de 35 hommes maximum qui se décomposait elle-même en Fawdj (groupe) de 11 hommes.

Accusée par la puissance coloniale d’être inféodée aux puissances étrangères, la plateforme de la Soummam a toujours revendiqué son indépendance en affirmant :  « La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington ». 

Malgré cette unité de départ, des dissensions vont apparaitre dès 1957 entre les sympathisants du Nassérisme (l’armée des frontières) et les « indépendantistes » (l’armée de l’intérieur). « La primauté du politique sur le militaire », qui constitua l’un des fondements du Congrès, va être remise en cause par Ahmed Ben Bella. Les tensions monteront d’un cran par la suite avec l’assassinat d’Abane Ramdane en décembre de la même année, puis avec les purges qui s ‘ensuivront. 

Ces conflits n’auront fort heureusement pas d’incidence sur le destin de l’Algérie qui finira par arracher son indépendance le 5 juillet 1962, après 8 années de lutte et 132 années de colonisation française. 

Amale Hoummati