© crédit photo/compte Twitter de Roselyne Bachelot

La ministre français de la Culture, Roselyne Bachelot a indiqué ce vendredi qu’elle allait ouvrir avec « 15 ans d’avance » les archives sur les enquêtes judiciaires de gendarmerie et de police sur la guerre d’Algérie.

« J’annonce que j’ouvre avec 15 ans d’avance les archives sur les enquêtes judiciaires de gendarmerie et de police qui ont rapport avec la guerre d’Algérie.Je veux sur cette question qui est une question troublante, irritante où il y a des falsificateurs de l’histoire qui sont à l’oeuvre, qu’on puisse la regarder en face », a déclaré Roselyne Bachelot lors d’une interview avec Jean Jacques Bourdin sur RMC.

La déclaration de la ministre intervient au lendemain de la visite éclair à Alger du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian qui s’est entretenu avec le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune et avec son homologue, Ramtane Lamamra.

« Il était important pour moi de me rendre à Alger pour une visite de travail et d’évaluation de la relation bilatérale. J’ai exprimé le souhait de travailler à lever les blocages et les malentendus qui peuvent exister entre les deux pays. Au delà des blessures du passés que nous devons regarder en face et au delà des malentendus qui nous revient de dépasser, nous devons regarder l’avenir et reprendre ensemble la voie d’une relation apaisée », a précisé M Le Drian lors d’un point presse à l’issue des ses entrevues avec les responsables algériens. 

Ces derniers mois ont été marqués par de vives tensions entre l’Algérie et la France. Ainsi, selon le journal Le Monde, Emmanuel Macron a accusé en octobre dernier le système « politco-militaire » algérien d’entretenir « une rente mémorielle » en servant à son peuple « une histoire officielle » qui « s’appuie pas sur des vérités ».

Le quotidien français a également rapporté que le locataire de l’Elysée s’était interrogé sur l’existence d’une « nation algérienne avant la colonisation? ».

En représailles, Alger avait rappelé pour « consultations » son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar Daoud, avant d’interdire le survol de son territoire aux avions français.

Le 10 mars dernier, le chef de l’Etat français avait déjà procédé à la déclassification des archives de la guerre d’Algérie datant de plus de 50 ans. 

Face à Jean Jacques Bourdin, Roselyne Bachelot a admis que c’était dans « l’intérêt du pays » de reconnaitre les faits. « On ne construit pas un roman national sur le mensonge.On ne doit jamais avoir peur de la vérité », a conclu la ministre. 

Mansouria Fodeili