©crédit photo/Hockey Algeria

La sélection algérienne de hockey sur glace a participé la semaine dernière à sa première Development Cup, une compétition initiée par la Fédération internationale de Hockey (IHF) à l’attention des nations émergentes. En terminant quatrième sur six (2 victoires et 3 défaites) – d’une poule comprenant Andorre, la Colombie, l’Irlande, le Lichtestein et le Portugal -, l’Algérie a su tirer son épingle du jeu et montrer qu’elle a un avenir dans ce sport né au Canada. Président de la fédération de hockey et joueur du Club des Corsaires (le groupe élargi qui compose l’équipe), Karim Kerbouche dresse pour dzairworld.com l’état des lieux de sa discipline.

Au delà du cercle des initiés, vous n’êtes pas connu du grand public. Pourriez vous vous présenter à nos lecteurs ?

Karim Kerbouche : Je m’appelle Karim Kerbouche. Je viens d’avoir 40 ans. J’ai commencé à pratiquer le hockey sur glace dès l’âge de 12 ans, à Londres. J’ai ensuite joué en ligue anglaise. J’ai rejoint la formation algérienne en 2008 avec Harond Litim qui a été professionnel en France pendant plusieurs années en tant que joueur et entraineur. Je suis aussi le président de la Fédération algérienne de hockey (ndlr, 97 licenciés).  

L’Algérie a disputé le week end dernier la Development Cup en terminant quatrième d’une poule de six et en remportant deux victoires face à Andorre (14-5) et au Portugal (9-1). Etes vous satisfait des débuts de la sélection ?

Oui. Ce sont de bons résultats pour nous. C’était notre premier tournoi depuis que nous sommes membres de l’International Hockey Federation (IHF). Nous avons rencontré pour la première fois des équipes européennes dont l’Irlande (ndlr, défaite 7-6) qui est expérimentée et qui a participé aux Championnats du monde.

Votre sport est plus que confidentiel en Algérie. Pourriez vous nous dresser un état des lieux du hockey algérien?

Au départ, c’était juste des joueurs algériens qui résident en dehors du pays. Depuis 2018, nous avons initié, avec l’aide du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), un projet d’école du hockey sur la patinoire du Park Mall de Sétif. Malheureusement, nous avons dû l’arrêter en raison de l’épidémie de Covid 19. Nous espérons toutefois la redémarrer dès cette année. 

Quels sont les profils des joueurs qui composent le club Corsaires ?

Le club des Corsaires est né pour accompagner l’école de hockey en Algérie et pour participer aux tournois internationaux tels que la Coupe africaine des clubs au Maroc (2016) ou le Championnat arabe des clubs en 2018. Il a été crée par des Algériens et des non-nationaux. Nous souhaitons qu’à l’avenir, il y ait des jeunes joueurs issus de l’école de hockey qui rejoignent l’équipe. 

L’Algérie est membre de l’IHF depuis 2019. En tant que président quelle a été votre réaction le jour où vous avez appris cette adhésion?

Cela a été un moment mémorable pour nous. Cela signifiait que nous pouvions désormais nous préparer pour participer aux Championnats du monde et aux qualifications pour les Jeux Olympiques d’hiver. Cela nous a permis aussi de bénéficier de l’aide de l’IHF pour développer notre sport en Algérie. 

Concrètement de quels types d’aide avez vous bénéficié de la part de l’IHF ou du MJS algérien?

L’IHF ne nous soutient pas financièrement mais nous apporte une assistance technique. Elle nous fournit aussi du matériel pour l’Algérie. Avec le MJS, nous avons mis en place l’école de hockey. C’était avant le début de la pandémie de Covid 19. En revanche, nous ne sommes pas aidés pour les tournois auxquels nous participons. Les joueurs paient de leur poche leurs frais de voyage et d’hébergement.

©crédit photo/Hockey Algeria

Vous êtes membres de l’IHF depuis le 26/09/2019. Dans quels domaines votre équipe a-t-elle progressé?

Malheureusement, en raison de la crise sanitaire, la patinoire a dû fermer en Algérie et toutes les personnes impliquées dans le projet au pays n’ont pas pu se déplacer (ndlr, les frontières ont été fermées entre mars 2020 et juin 2021). La Development Cup est notre première compétition post-Covid 19.

A quel niveau situez vous l’Algérie en Afrique et à l’échelle mondiale?

Il n’y a pas beaucoup d’équipes en Afrique. L’Afrique du Sud est la meilleure nation. Si ma mémoire est bonne, elle disputent les Mondiaux depuis les années 60. Le Maroc est membre de l’IHF depuis 2010 mais il n’est pas été très performant ces derniers temps. La Tunisie quant à elle a rejoint la fédération internationale en 2021. C’est une bonne équipe mais je ne l’ai pas vue jouer depuis qu’elle est membre. Il y a aussi l’Egypte et le Kenya qui ne devraient pas tardé à adhérer à l’IHF. Nous sommes nouveaux dans l’univers du hockey mais cela ne nous empêche pas de battre les plus petites nations. 

La ville de Sétif accueille la première école de hockey en Algérie. Comment cette initiative est elle perçue sur place et notamment auprès de la jeunesse?

Il y a eu un grand engouement qui s’est estompé avant que cela ne démarre réellement. C’est une vraie déception pour nous. Nous allons cependant repartir sur de bonnes bases cette année en apportant plus de matériels pour que les gens s’essaient à ce sport. Nous pensons aussi organiser des activités de roller hockey en plein air. 

Votre comptez aussi parmi vos pratiquants, deux femmes. Envisagez vous de développer ce sport auprès de la gent féminine?

Nous avons reçu énormément de messages sur les réseaux sociaux de la part de filles qui veulent se mettre au hockey. C’est très important pour nous qu’elles aient l’opportunité de jouer. J’ambitionne de créer une équipe féminine pour disputer des tournois. Je pense que les Algériennes peuvent être de très bonne joueuses. 

Quels sont vos objectifs que vous vous êtes fixés avec le Club Corsaires ?

Dans la perspective des Championnats du monde, je veux qu’il y ait des étapes dans le développement de ce sport, depuis l’école de hockey jusqu’au club des Corsaires et à l’équipe nationale. C’est ma vision du sport en Algérie et pour la jeunesse algérienne.

Entretien réalisé par Nasser Mabrouk