Le Président de la république, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé dans un discours lu en son nom – lors des travaux du 5e Sommet du Groupe des dix de l’Union africaine (UA) à Oyala (Guinée équatoriale) – par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, M Ahmed Attaf, que la succession inédite de crises dans le monde imposait à la Communauté internationale de traiter de la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, au bénéfice notamment de l’Afrique, avec « la plus diligence ». Morceaux choisis : 

« Ce sommet se tient dans un contexte international et régional riche de défis et de risques, sur fond d’une crise sévère qui a frappé le système de sécurité collective ».

« La succession effrénée des crises et des conflits, leur accumulation inédite et leur pullulement, à la lumière de l’inertie de la Communauté internationale qui peine à les endiguer, impose à cette dernière, aujourd’hui plus que jamais, de traiter le dossier de la réforme du Conseil de sécurité avec la plus grande diligence et beaucoup de rigueur ».

« La situation de crise qui prévaut dans le continent africain, notamment dans la région sahélo-saharienne qui pâtit des fléaux du terrorisme, du crime organisé et de la propagation des foyers de tension et d’instabilité, outre la grande tragédie que vivent les Palestiniens, et qui prend, de jour en jour, des proportions alarmantes, du fait de l’impuissance de l’ONU à faire cesser les crimes de l’occupant sioniste et ses violations des règles du Droit international, qu’elle a elle-même décidées, a fait remonter à la surface la question de la réforme du Conseil de sécurité ».

« Cette réforme ne se résume plus à l’augmentation du nombre des membres des pays émergeants, en tête desquels l’Afrique, mais va bien au-delà, car la pérennité de l’Organisation internationale multipolaire est désormais mise à l’épreuve, face à l’ampleur que prennent la logique de l’égalité des forces, le phénomène de la polarisation et les critères de sélectivité et discrimination en matière de l’impératif respect des règles du Droit international ».

« Les tiraillements sévères et les scissions d’envergure dessinent, désormais, les contours du système des relations internationales ».

« La position unifiée du Continent africain devrait affirmer l’impératif de développer une approche qui permette à cet organe onusien central de se mettre à l’abri des tiraillements et de la polarisation, et de focaliser davantage sur le rôle qui lui est dévolu et la responsabilité qui lui incombe,  conformément à la Charte des Nations Unies, tout en insistant sur un processus de réforme qui restituerait au Conseil son efficacité et sa capacité à agir face aux menaces accrues contre la sécurité et la paix internationales ».

 « La position africaine unifiée devrait appeler avec insistance à redresser l’injustice faite au Continent africain, étant le seul absent et oublié dans la catégorie des membres permanents au Conseil de sécurité, et le moins représenté dans celle des membres non permanents, alors qu’il est concerné par plus de 70% des points et  questions inscrits à l’ordre du jour du Conseil ».

« Pour l’Afrique, il est primordial que le projet de réforme du Conseil aille au-delà de l’augmentation du nombre des membres pour inclure toutes les questions liées, particulièrement, aux méthodes et modes de fonctionnement du Conseil, à l’utilisation du droit de veto et à l’interaction entre le Conseil et les organes centraux des Nations unies, convaincus que nous sommes, au même titre que d’autres parties, que l’élargissement de la composante ne garantit pas nécessairement, à lui seul, l’efficacité escomptée, tant que les règles régissant le fonctionnement du Conseil demeurent inchangées, pas enrichies, ni promues ».

« L’Afrique doit exiger, avec insistance, à ce que l’on se conforme impérativement à l’Assemblée générale des Nations Unies et aux négociations gouvernementales menées sous son égide, en tant que cadre unificateur et consensuel pour la prise en charge du dossier de la réforme du Conseil de sécurité, et par conséquent rejeter toute tentative de remettre en cause la crédibilité de ce cadre ou de le dénigrer au profit d’initiatives ou de plans parallèles promus en dehors de notre organisation onusienne ».

« L’Algérie œuvrera, au cours de son prochain mandat au Conseil de sécurité, en coordination avec ses frères africains des Républiques du Sierra Leone et du Mozambique, à faire entendre la voix de l’Afrique au sein de cet organe central des Nations Unies, mais aussi à défendre les préoccupations, les intérêts et les aspirations de nos pays unis sous la bannière de l’Union africaine (UA), afin de garantir l’efficacité, l’efficience et l’influence dans la défense de nos causes justes et de nos intérêts communs et convaincre nos partenaires quant à la pertinence de notre droit ».

Mansouria Fodeili