
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football 2024 (13 janvier-11 février ) débute ce samedi au stade Alassane Ouattara d’Ebimpe (21h) avec la Cote d’Ivoire, pays hôte, qui ouvrira le bal face à la Guinée Bissau. Pour cette 34ème édition, qui s’annonce particulièrement relevée, plusieurs prétendants sont candidats au sacre final. Tentative de décryptage des forces en présence.
Les Favoris
Le Sénégal
Tenant du titre après sa victoire en 2021 au Cameroun, le Sénégal cherchera à conserver sa première couronne continentale. Pour ce faire, les protégés d’Aliou Cissé s’appuieront sur leur nouveau statut et sur la confiance acquise depuis cinq ans, malgré la finale perdue face à l’Algérie. Avec un groupe qui se connait bien, et qui a su accueillir quelques jeunes pousses talentueuses, les Lions de la Teranga auront à coeur d’accrocher une seconde étoile à leur maillot en honorant Sadio Mané (31 ans), l’un des plus grands attaquants de l’histoire du foot sénégalais, qui disputera en Cote d’Ivoire l’une des dernières Coupes d’Afrique de sa carrière.
Le Maroc
Demi-finaliste de la Coupe du monde au Qatar en 2022 – un exploit qu’aucun pays africain n’avait réalisé jusqu’à présent – le Maroc peut légitimement espérer ramener le trophée à la maison, 48 ans après leur unique victoire dans cette épreuve. Les poulains de Walid Regragui, qui s’est également révélé être à la hauteur de sa tâche au Mondial, avanceront dans ce tournoi avec beaucoup de certitudes. En effet, la force des Lions de l’Atlas, c’est de former un groupe homogène et équilibré avec une défense de très haut niveau, la meilleure sur le continent, un milieu de terrain complémentaire et un secteur offensif qui fourmille de talents.
La Cote d’Ivoire
Eliminée en 2021, aux tirs au but, en huitième de finale face au futur finaliste l’Egypte, la Cote d’Ivoire avait fait forte impression lors de la phase de poule en terminant première d’un groupe dans lequel figurait le tenant du titre l’Algérie. Avec deux ans de vécu collectif en plus, et tout un peuple derrière eux, les Ivoiriens peuvent logiquement croire en leur chance pour aller chercher un titre glané en 2015, en Guinée équatoriale. Drivé par l’expérimenté Jean Louis Gasset, les Eléphants – qui comptent 25 participations à la CAN – pourront notamment compter sur leur fer de lance en attaque, Sébastien Haller, leur trio au milieu, Frank Kessié-Seko Fofana et Ismael Sangaré et leur défenseur central, Eric Bailly.
Les outsiders
L’Algérie
Piteusement sortis au premier tour en 2021, avec un seul petit point au compteur, les Fennecs auront une revanche à prendre vis à vis de leurs fidèles supporters. L’entraineur Djamel Belmadi en est d’ailleurs bien conscient puisqu’il a décidé de convoquer de vieux briscards (Feghouli, Bounedjah, Belaili, Slimani, M’Bolhi…) auprès desquels viendra s’aguerrir la génération montante des Aouar, Ait-Nouri, Chaibi, Amoura, Larouci qui vivra à Bouaké sa première Coupe d’Afrique. Si le sélectionneur national a toujours rappelé qu’il partait au combat pour le gagner – les Verts ont fini les éliminatoires avec le meilleur total de points (16) tous groupes confondus – le manque d’automatisme encore réel – dû principalement à l’incorporation d’une huitaine d’éléments depuis la dernière CAN – pourrait s’avérer un peu juste pour rééditer l’exploit de 2019. Cette réalité ne semble toutefois pas hypothéquer les chances de Mahrez et consorts d’atteindre au moins le dernier carré…et plus, si affinités.
L’Egypte
Recordman des participations (26) à une phase finale de CAN et vainqueur le plus titré de l’histoire avec 7 couronnes, l’Egypte voudra sans aucun doute creuser encore l’écart, après la finale perdue en 2021 face au Sénégal (0-0, 4 Tab 2). Coachés par le Portugais Rui Vitoria, nommé en juillet 2022, les Pharaons semblent pouvoir relever ce défi après un passage à vide qui a vu trois entraineurs se succéder à la barre technique, depuis septembre 2021. Portée par le meilleur joueur africain de ces dix dernières années, Mohamed Salah, la sélection égyptienne peut rêver à un huitième titre en s’appuyant sur un mélange de joueurs d’expérience (Ahmed Hegazy, Mohamed Hassan Trezeguet, Mohamed Elneny,Mohamed El Shennawy, Mostafa Fathi) et d’éléments qui commencent à faire parler d’eux en Europe (Omar Marmoush, Mostafa Mohamed).
La Tunisie
Sans faire de bruit, la Tunisie parvient à se hisser régulièrement en quart de finale des différentes Coupes d’Afrique. S’ils n’ont pas démérité au Mondial au Qatar, en finissant troisièmes derrière la France et le Danemark, les Aigles de Carthage ont été capables d’obtenir le scalp des Bleus, futurs finalistes malheureux de l’épreuve. En Cote d’Ivoire, les partenaires de Wahbi Khazri – un groupe majoritaire composé de joueurs dans la force de l’âge – miseront encore une fois sur leur solidité défensive pour espérer atteindre, comme en 2019, les demi-finales, et pourquoi pas soulever la Coupe, 20 ans après son triomphe à domicile face au Maroc (2-1).
Le Nigeria
Non qualifié lors du dernier Mondial au Qatar, le Nigeria s’est rattrapé en bouclant ses qualificatifs à la CAN 2024 en étant invaincu. Les Green Eagles ont ainsi aligné cinq victoires pour une défaite mais ont surtout impressionné en marquant 22 buts, soit le total le plus élevé de tous les pays qualifiés. Avec à leur tête, Victor Oshimen, élu Meilleur joueur de la Confédération africaine de football en 2023, les Nigérians sont capables de déjouer tous les pronostics en inscrivant pour la quatrième fois de leur histoire – leur dernier succès remontant à 2013 en Afrique du Sud – leur nom au palmarès du tournoi.
Le Cameroun
Ils sont capables du meilleur comme du pire et leur force réside dans leur capacité à ne jamais abdiquer. Défait à domicile par l’Algérie en barrage aller de la Coupe du monde 2022, les Lions Indomptables ont su renverser la vapeur à Alger, et se qualifier pour la Coupe du monde au Qatar où ils ont fait bonne figure en finissant troisièmes, et en battant le Brésil (1-0). Vainqueur de l’épreuve en 2017, au Gabon, et troisième en 2021, le Cameroun, emmené par l’inusable Vincent Aboubakar, sera un adversaire qui, s’il sort d’un groupe particulièrement relevé avec le Sénégal, la Gambie et la Guinée, peut ne plus se fixer de limites.
Le Burkina Faso
Discrèt sur le plan médiatique, le Burkina Faso n’en constitue pas moins un os sur lequel beaucoup de formations peuvent se casser les dents. Pour se qualifier au grand raout ivoirien, les Etalons ont fini premiers – 3 victoires, 2 nul et 2 défaite – en dominant le Cap-Vert, le Togo et Esatwini. Habitués des phases finales de CAN, les protégés d’Hubert Velud devraient logiquement sortir du groupe A – en compagnie de l’Algérie -, et espérer faire mieux que lors des éditions de 2017 et 2019 où ils avaient disputé par deux fois la petite finale, avec une victoire et une défaite à la clé. Et si c’était l’année des camarades du prometteur Dango Ouattara ?
Les trouble-fête
La Zambie
La Zambie a connu son heure de gloire en 2012 lorsqu’elle s’est trouvée pour la première fois de son histoire sur le toit de l’Afrique, avec à sa tête Hervé Renard. S’en est suivie une traversée du désert avec des éliminations au premier tour, en 2013 et 2015, et des non-qualifications pour les éditions 2017,2019 et 2021. Pour ce retour sur le devant de la scène, les Chipolopolo Boys – dirigés par Avram Grant – se sont permis le luxe de prendre la première place du groupe H devant la Cote d’Ivoire, avec 4 victoires – dont un 3 à 0 infligé aux Ivoiriens – , 1 nul et 1 défaite. L’envie de briller à nouveau, après 8 ans d’absence, pourrait être une mauvaise nouvelle pour toutes les équipes amenées à croiser le chemin de Patson Daka et consorts.
La Guinée équatoriale
Coincé entre le Congo et le Cameroun, ce pays d’Afrique centrale est en constante progression depuis plusieurs années. Sa qualification pour le tournoi ivoirien – 4 victoires, 1 nul 1 défaite -, reflète le niveau atteint par les poulains de Juan Micha Obiang Bicogo qui ont dû céder leur place de leader à la Tunisie à la faveur d’une contreperformance, un nul (1-1) face à la Libye, lors de la dernière journée de la phase de poule. Demi-finaliste en 2015 et quart de finaliste en 2021, on se souvient que le Nzalang Nacional avait pris la seconde place de groupe en piégeant l’Algérie qu’il avait battu (1-0) après avoir fait le dos rond pendant toute la durée de la partie. Si les coéquipiers du gardien Owono arrivent à s’extirper du groupe de la Cote d’Ivoire, du Nigeria et de la Guinée équatoriale, le rêve sera ainsi permis d’aller titiller les grosses écuries du continent.
Nasser Mabrouk













































