
Le sélectionneur national de l’équipe d’Algérie de football, Djamel Belmadi, a tenu une conférence de presse lundi matin, au Centre technique de Sidi Moussa, à l’occasion du rassemblement de juin qui verra les Fennecs affronter l’Ouganda (4 juin) et la Tanzanie (8 juin) pour le début des éliminatoires de la Can 2023 en Cote d’Ivoire. Durant près d’une heure et demie, c’est un sélectionneur calme et posé qui a répondu à la presse. Morceaux choisis :
L’affaire Mahrez
« Pour moi, c’est une non affaire. L’époque veut ça, on cherche du mauvais buzz. S’il est blessé, il a le droit d’aller en vacances là où il veut. On a reçu un rapport médical de son club, Manchester City, qui disait qu’il était blessé. On aurait pu, mais je ne l’ai jamais fait, faire constater la blessure du joueur. Il était enclin à venir. On estime qu’il y a un rapport de confiance avec les clubs et les joueurs. Il faut savoir que c’est peut être le joueur avec lequel je suis le plus exigeant. Un éducateur doit avant tout protéger la santé du joueur ».
Le cas Delort
« Je n’ai rien de personnel avec Andy.Il a été exemplaire quand il a été avec nous. Il y a juste une prise de position qu’il a eue par rapport à l’équipe nationale et au pays. Avant ce qui avait motivé ce souhait était très clair. Et ce n’était pas acceptable pour nous. C’est ouvrir une porte à beaucoup de déviance. Il y a eu une discussion depuis.Il y a d’autres informations qui sont intervenues et qui n’étaient pas connues avant.En temps et en heure, il aura lui aussi à dire des choses. Delort, in cha ALLAH cela rentrera dans l’ordre ».
Les nouveaux internationaux
« Les nouveaux joueurs sont suivis depuis le début. On a estimé que c’était le moment idéal pour les convoquer et qu’ils puissent montrer leur qualité. S’ils sont là, c’est qu’ils ont des qualités et qu’ils ont mérité de rejoindre ce groupe. C’est une première étape pour eux. Ce n’est pas une fin en soi. Le plus dur reste à faire. Ils vont être au milieu d’une concurrence avec des joueurs de haut niveau. Il va falloir se démarquer, et surtout prouver qu’ils méritent d’être là et d’avoir un rôle important avec la sélection ».
« Il est difficile de jeter les nouveaux joueurs dans le bain sur des matchs avec un environnement particulier. On veut les mettre dans les meilleures conditions pour obtenir satisfaction et qu’ils donnent le meilleur d’eux mêmes. Je tiens à avoir un troisième match. Ce n’est pas évident. Il permettra de tous les voir dans des conditions où il y aura moins de pression ».
La compétitivité des joueurs
« Le souhait d’un sélectionneur, c’est d’avoir 100% de son effectif avec du vrai temps de jeu. On n’a pas le temps de les remettre à niveau. Ce sont les meilleurs au bon moment.Cet été est très important pour nos joueurs qui doivent prendre les bonnes décisions pour être plus compétitifs l’année prochaine ».
L’élimination face au Cameroun
« On gardera toute notre vie professionnelle cette douleur d’avoir raté cette qualification. Elle est profonde. On a travaillé 4 ans pour cela en étant invaincus. On a prouvé par les faits à quel point on était déterminés à aller à ce mondial. Dans l’ensemble, c’est un groupe qui a été performant pendant de longues années. Cela n’est jamais arrivé ».
« Là où cela me pose problème, c’est le petit regroupement quand Sofiane Bendebka fait la faute, juste avant le but.Que faisaient nos défenseurs centraux en haut à venir s’embrouiller pour rien du tout? Benayada sur quasiment trois heures trente sur les deux matchs a mis Toko Ekambi dans sa poche. Il a fallu qu’il aille s’accrocher avec un joueur pour perdre sa concentration. Sur le but, il n’est ni dans l’alignement, ni dans la prise du joueur. Le football de haut niveau, ce n’est que cela ».
Le maintien en poste du sélectionneur
« Avant de convaincre les joueurs, il faut être nous mêmes enclins à repartir.C’est le cas même s’il y a beaucoup de colère en moi. Elle va être transformée pour repartir.Il faut avoir en soi des convictions, des certitudes et surtout de l’envie parce que le métier n’est pas facile. Représenter une sélection nationale est toujours une grosse responsabilité, encore plus quand c’est celle de son pays. Il faut pouvoir être à la hauteur des attentes. C’est une réflexion qu’il fallait avoir aussi. Il faut beaucoup d’énergie pour cela. Aujourd’hui, on arrive avec beaucoup de rage. Ou sinon je ne serais pas là ».
Le nouveau défi
« Il faut que de nouvelles idées naissent sans tout remettre en question. Essayer de se réinventer, de surprendre sur certains points et peser de nouveau sur ce continent en jouant les premiers rôles ».
« Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de reconstituer un groupe fort, compétitif avec des joueurs capables de prendre leurs responsabilités comme certains l’ont fait en 2018 quand c’était le chaos. Il avait fallu reformater l’esprit. Il faut faire en sorte que les joueurs qui ont l’habitude de venir, je vais voir cela dans leurs yeux, aient faim. Voilà ce qui m’incombe plutôt que de penser à la Coupe du monde 2026 ».
La plainte à la FIFA
« Quand je monte au front, je viens défendre l’équipe nationale et la fédération. Qui nous a soutenus ? Le peuple seulement. Désolé, vous n’avez pas fait votre travail vous les journalistes.Soit cela se tait, soit cela va dans le sens contraire. C’est une réalité. Ma paroisse, c’est mon pays, c’est ma fédération. On se sent lésés, on monte au créneau. Qui ai je trouvé avec moi? Que ceux qui pensent que Bakary Gassama (ndlr, l’arbitre d’Algérie-Cameroun) n’a pas été si mauvais que cela lèvent la main ».
Le rôle de la presse
« En juin dernier après le match contre la Tunisie, nous avons fait une proposition pour un débat sur la télévision nationale avec toutes les chaines privées, les radios et les consultants. Je pense que cela aurait été une bonne chose de faire un bilan où tout le monde aurait eu l’occasion de parler. Cela aurait nourri le débat. Pour des divergences entre personnes qui prennent en otage les amoureux du football, cela ne s’est pas fait. Par contre, ils vont se réfugier dans les petits studios pour « dézinguer » de tous les cotés. Dorénavant, je ne rebondirai sur les pseudo affaires ».
Le futur président de la FAF
« J’ai des hommes autour de moi qui me permettent de ne pas ressentir l’instabilité à la fédération. Il faut que les bonnes décisions soient prises et qu’on mette les bonnes personnes aux bons postes. J’espère que le prochain président nous fera confiance.Notre but est d’être une nation forte et respectée ».
Le retour au Stade du 5 Juillet
« On nous a dit il y a 5 jours qu’on ne pouvait pas jouer à Oran où c’était prévu. Je n’ai aucun souci à jouer au stade du 5 Juillet. Ce sera avec plaisir. La pelouse avait l’air d’être en bon état. On est contents d’y retourner. Si on peut jouer dans un stade rempli, ce serait de bon augure ».
Mimoun Mehroug












































