Bête noire de l’équipe d’Algérie, le Cameroun avancera en fin d’après midi avec la confiance d’une nation qui n’a jamais perdu contre son adversaire en sept matchs officiels (3 nuls et 4 défaites). Pour mettre fin à cette série d’invincibilité, et vaincre ce signe indien, Djamel Belmadi devra régler quelques détails importants sur la pelouse maudite du stade Japoma de Douala.

Une nécessaire complémentarité au milieu de terrain

On dit souvent que le football moderne se gagne au dans l’entre-jeu. Quel que soit le système tactique que mettre en place le sélectionneur national à Douala – un milieu à deux, à trois ou à cinq – l’équipe d’Algérie devra s’appuyer sur des milieux de terrain complémentaires qui assurent une couverture à la perte du ballon ou lors des transitions offensives adverses. En effet, durant le dernier championnat d’Afrique des nations, nombreuses ont été les situations où le secteur défensif algérien a été livré à lui même avec parfois des un contre un à disputer. En rappelant l’expérimenté Adlène Guedioura, Djamel Belmadi pourrait avoir comme idée de placer le joueur de Burton Albion (League One anglaise) – dans un 4-3-3 ou un 3-5-2 – en sentinelle devant la défense. 

Maitriser les duels aériens sur les phases défensives

Une des faiblesses constatées de l’équipe d’Algérie, depuis plusieurs mois, se situe sur coups de pieds arrêtés. Que ce soit sur coup-franc ou sur corner, nonobstant les bons joueurs de tête dont disposent les Verts (Mandi, Slimani, Benlamri, Bensebaini), l’arrière-garde algérienne a trop régulèrement été prise à défaut alors qu’elle était souvent en supériorité. On se souviendra ainsi de l’attaquant de la Sierra Leone Alhaji Kamara, seul contre trois défenseurs, qui vit sa tête, en première mi-temps, fuir le cadre. Pour tenter de solutionner ce problème, surtout face à un redoutable Choupo-Moting dans les airs, le retour en sélection d’Ahmed Touba (1m90) pourrait offrir une alternative intéressante à El Khadra.

Une efficacité offensive à retrouver

La récente Can des Fennecs s’est matérialisée par une inefficacité des attaquants assez inquiétante. Alors que les partenaires de Sofiane Feghouli avaient fini les phases éliminatoires de la Can (+13) et de la Coupe du monde (+21) avec les meilleures statistiques offensives de tout le continent, l’inexplicable s’est produit à Douala avec un seul but marqué – par le milieu de terrain Sofiane Bendebka – durant la phase de poule. En écartant Baghdad Bounedjah, peu en réussite pendant la Can et la Coupe arabe, et en lui préférant un Mohamed Benyettou en pleine confiance dans le championnat du Qatar – 9 buts et 4 passes décisives -, Djamel Belmadi , qui pourra aussi compter sur Islam Slimani – 4 buts et une passe décisive en 7 matchs – disposera de plusieurs atouts en attaque qui pourraient se régaler des caviars distribués par Mahrez ou par Rachid Ghezzal dont c’est le retour en sélection. 

Une meilleure gestion des émotions

Est-ce le fait d’avoir constamment répété que les joueurs jouent pour le peuple ou la possibilité de battre le record mondial d’invincibilité de l’Italie, et de ses 37 matchs sans défaite, qui a pesé émotionnellement dans les esprits de Riyad Mahrez et consorts lors de la Can camerounaise? Pourtant certains signes avant-coureurs étaient déjà apparus depuis plusieurs matchs, et notamment lors de l’ultime rencontre qualificative pour les barrages face au Burkina Faso. En effet, après l’égalisation des Etalons (2-2), à quelques minutes du coup de sifflet final, la paralysie s’est emparée du groupe Algérie, fort heureusement sans conséquence. La gestion des émotions n’ayant pas été optimale au Cameroun, il faudra restera que le coach sache trouver les mots justes pour rasséréner ses poulains quand les temps forts seront en faveur des Lions Indomptables. 

Mimoun Mehroug